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Roissy : un passager en transit enfermé en zone d'attente pour une entrée en France qu'il n'a jamais demandée - droits des étrangers

  • samydjemaoun
  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

Il y a des décisions administratives qui interrogent.


Et puis il y a celles qui défient toute logique.


Celle-ci appartient clairement à la seconde catégorie.


zone d'attente droit des étrangers

À l’aéroport de Roissy, un passager en transit s’est vu placer en zone d’attente sans avoir formulé de demande d’entrée en France, soulevant des questions au regard du droit des étrangers.


19 février 2026. 08h45. Aéroport Paris–Charles de Gaulle.


Mon client s’appelle A. Il atterrit à Roissy.


Il n’est pas venu en France.


Il transite.


Son vol pour Sofia décollait à 10h20.


Il n’a jamais pu prendre ce vol.


Un transit parfaitement organisé


A. est algérien. Joueur de basket, il a été invité à un stage de basket à Sofia, en Bulgarie.


Son voyage est simple :


  • un vol Alger–Paris–Sofia,

  • un visa Schengen délivré par la Bulgarie,

  • une réservation d’hôtel,

  • une invitation officielle par le blic,

  • un billet retour.


Paris n’est pas sa destination. C'est sa correspondance.


Il ne demande pas à entrer en France.

Il ne veut pas entrer en France.

Il veut prendre son avion.


Zone internationale : FRONTEX le contrôle


Il faut comprendre un point essentiel.


A. ne s’est jamais présenté au poste frontière. Il ne s’est jamais approché de la police aux frontières (PAF).


Il se trouvait dans la zone internationale de l’aéroport, cet espace où les passagers en transit attendent leur correspondance.


Un espace où il est parfaitement en règle.


C'est là que des agents FRONTEX ont décidé de le contrôler.


Dans la zone internationale.

Sans qu'il ait rien sollicité.

Sans qu'il ait fait un seul pas vers la France.


Puis ils le conduisent au poste frontière.


À partir de là, tout change.


Quand l'administration transforme un transit en entrée sur le territoire


Une fois face à la police aux frontières, A. devient soudainement un étranger qui demanderait à entrer en France.


Alors qu'il n'a rien demandé.

Alors qu'il n'a fait aucune démarche.

Alors qu'il attendait simplement son avion.


À 12h10, la décision tombe : refus d'entrée sur le territoire français, placement en zone d'attente.


Un refus d'entrée.

Pour quelqu'un qui n'avait pas demandé à entrer.


L'administration a créé la demande.

Puis elle l'a rejetée.

Puis elle a enfermé mon client pour avoir formulé une demande qu'il n'avait pas faite.


“Il ne justifie pas de son séjour”


La décision du ministre de l'Intérieur indique qu’il ne justifierait pas du but et des conditions de son séjour.


Pourtant, il avait dans les mains :


  • un visa Schengen bulgare,

  • une invitation officielle,

  • des réservations d’hôtel,

  • une facture d’organisation du stage,

  • un billet d’avion vers Sofia,

  • une assurance voyage couvrant exactement la durée du séjour.


Des documents cohérents, complets, vérifiables.


Mais pour un séjour… en Bulgarie.

Pas en France.

Parce qu'il allait en Bulgarie.


La décision mentionne également qu'il aurait déclaré ne pas être joueur de basket, ne pas connaître les règles, ne pas avoir d'équipement. A. conteste formellement. Et surtout : aucune pièce ne vient étayer ces affirmations. Aucun procès-verbal signé. Aucune traduction certifiée.


Des mots de fonctionnaires contre des documents.

L'administration a choisi ses mots.


Zone d’attente : cinq jours d’enfermement pour un transit


A. est alors placé en zone d’attente à Roissy.


Il a raté son vol.

Il n'a jamais rejoint Sofia.

Il a manqué son stage et ses matchs.


La juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bobigny a ordonné sa libération.


Le ministre de l’Intérieur a fait appel.


La Cour d’appel de Paris a confirmé.


A. est libre.


Mais cinq jours ne se rattrapent pas.


Zone d’attente et police aux frontières : une dérive préoccupante


Cette affaire dépasse le cas d'un homme et d'un vol manqué.


Elle décrit un mécanisme : des agents qui contrôlent un passager en transit dans la zone internationale, le conduisent au poste frontière, l'administration le traite comme s'il demandait à entrer, lui refuse cette entrée, et l'enferme.


La police aux frontières ne constate plus une situation. Elle la fabrique.


Une seule question, au fond : à quel moment décide-t-on qu'une personne veut entrer en France ? Quand elle le demande ? Ou quand l'administration en décide ?


A. n'a jamais voulu entrer en France.


Il a quand même fallu deux décisions de justice pour le rappeler.


On ne peut pas refuser l’entrée en France à quelqu’un qui ne demande pas à y entrer.


Roissy : un passager en transit enfermé en zone d'attente pour une entrée en France qu'il n'avait jamais demandée - Droits des étrangers -

 
 
 

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